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Conseils
aux nouveaux amateurs de Setters Irlandais |
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cela est souvent demandé de la part de nouveaux ou de jeunes
amateurs de Setters Irlandais, j'ai prié un de nos éminents
anciens de nous donner quelques conseils sur la façon dont il
faut se comporter avec les Setters Irlandais et les chiens en
général.
L'abbé Émile GODARD, amateur de Setters Irlandais depuis de
longues années, expert confirmateur, juge de field-trials,
ancien membre du comité du Red Club, a bien voulu se charger
de cette mission d'information. Il est par ailleurs l'auteur
de plusieurs ouvrages sur le dressage et l'éducation des
chiens.
Camille MICHEL |
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Conseils
d'un ancien |
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- Il y a
des membres du Red Club qui voudraient
bénéficier de l'expérience des anciens dans
l'éducation d'un chiot Irlandais.
- Notre
Président m'a demandé de vous faire part de la
mienne.
- Évidemment,
on s'étonnera peut-être de lire certaines choses
qui vont de soi pour les anciens parce qu'ils les
appliquent machinalement comme le Monsieur
JOURDAIN de MOLIÈRE qui faisait de la prose sans
le savoir.
- Dans
l'éducation de tout chiot et spécialement du
Setter Irlandais qui est plus réceptif mais aussi
plus sensible que les autres, je distingue trois
principes de base.
- D'abord,
il faut du travail et du temps. Il est important
de le rappeler à une époque où on fait beaucoup
appel au préfabriqué. Or vous ne trouverez pas
dans un supermarché le chien de rêve
parfaitement éduqué.
- Ensuite,
je puis certifier par expérience personnelle
qu'il est possible d'obtenir une obéissance
parfaite avec une extrême douceur, sans rudoyer
et sans la moindre correction et que les
instruments de coercition décrits et
photographiés dans mon livre "Je dresse mon
chien d'arrêt" n'existent plus à la maison
et je les renie complètement.
- Enfin, je me
demande, après avoir travaillé avec plusieurs
centaines de chiens, s'ils existe des chiens
têtus. Personnellement, je ne le crois plus. En
revanche, ce que je sais : rares sont les hommes
qui admettent avoir tort. Or, quand ils n'arrivent
pas à se faire comprendre de leur chien, il ne
leur vient pas à l'idée qu'ils s'expriment mal
et concluent que leur chien est têtu.
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Comment
choisir son chiot |
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- En
principe chez les éleveurs compétents qui font
naître plusieurs portées par an et
sélectionnent, les chiots sont socialisés dès
la troisième semaine, gambadent et commencent à
se servir de leur odorat : donc pas de problème.
- Si vous
êtes embarrassés, demandez à l'éleveur de
choisir pour vous.
- Chez
quelqu'un qui vient d'élever une portée pour la
première fois et qui n'a pas l'intention de
continuer, si vous constatez que les chiots ne
sont pas socialisés et familiarisés par les
humains, le bruit et l'environnement, allez
ailleurs. Il est bien rare que vous trouviez le
sujet de votre rêve à votre porte.
- Alors attention
au mal de voiture. Beaucoup de sujets y sont
sensibles. Vous ne pouvez prévoir à l'avance si
le chiot choisi va être malade. Je me suis
aperçu que les médicaments utilisés pour les
humains sont inefficaces. Par contre, j'ai
toujours été satisfait par les comprimés
vétérinaires "calmivet" des
laboratoires Vétoquinol. Mais par la suite, il
faudra jouer avec votre chiot dans la voiture,
moteur en marche, descendre, remonter, faire un
très court trajet et jouer pour que le chien
devienne fou de la voiture.
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Comment
l'éduquer pour la maison |
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- Rentré
à la maison avec votre acquisition, mettez votre
chiot à la place qu'il devra normalement occuper
et soyez strict. S'il est en chenil, il n'y a pas
de problème. Si c'est à l'intérieur, ne vous
laissez pas apitoyer. Le premier soir, il
pleurera. Ne lui cédez pas et il s'y habituera
très vite. Il devra toujours occuper la même
place, si c'est possible une corbeille et pas sur
les fauteuils. A propos de corbeille, j'emploie
celles en plastique beaucoup moins esthétiques,
mais les chiens ne les rongent pas.
- Pour le
chiot qui vit en appartement, le premier problème
à résoudre est la propreté. Si vous habitez un
rez-de-chaussée avec cour ou jardin et si la
saison le permet, laissez la porte ouverte : le
chiot sortira de lui-même pour se soulager. par
contre à l'étage il faut au début le sortir
toutes les deux heures puis toutes les trois
heures et dès qu'il s'est soulagé, témoignez
votre satisfaction par des caresses et une
récompense. Très vite, c'est lui qui vous
demandera à sortir lorsqu'il en sentira le besoin
: à vous de déchiffrer son langage, soit qu'il
geigne, soit qu'il gratte à la porte, soit le
plus souvent, il tourne autour de la pièce pour
exprimer son inquiétude. Ce qui est très
important, c'est de lui donner son dernier repas
vers 17 heures pour qu'il puisse se retenir toute
la nuit. Inutile de lui mettre le nez dedans,
c'est une méthode barbare qu'il ne comprendra
pas. D'ailleurs je ne partage pas l'opinion de
ceux qui prétendent que leur chien s'est mal
conduit et vient vers leur maître la queue basse.
Le chien n'a aucun sens de la morale mais pressent
la correction.
- Personnellement,
je serais profondément attristé si je voyais mon
chien venir vers moi dans cette attitude. Au
contraire, chaque fois qu'il m'aperçoit, c'est la
fête et il accourt à toute vitesse de ses quatre
pattes et pourtant je ne lui passe rien sur
l'obéissance.
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L'obéissance |
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- Pour
obtenir une obéissance dans la joie, on utilise
le jeu : avec une balle de tennis ou autre de
même calibre. C'est la première leçon au
rapport et rappel. Commencez dès le lendemain de
l'arrivée de votre chiot. Dans la cour, le jardin
ou autres lieux, amusez-vous avec la balle en la
lançant contre le mur et en la reprenant. Votre
élève vous regarde avec envie. La troisième
fois, vous laissez tomber la balle : le chien la
saisit. Vous vous enfuyez en l'appelant par son
nom : "N... apporte, N... apporte". Le
chiot court après vous; dès qu'il vous rattrape,
arrêtez. Faites-le asseoir, caressez-le de la
main droite, la gauche sous son menton ou
vice-versa. Quelques secondes après, vous lui
reprenez doucement la balle en disant
"donne...". Mais attention, il ne faut
pas faire rapporter la balle plus de deux ou trois
fois à chaque exercice car, si par fatigue le
chien refusait, ce serait catastrophique pour
l'avenir.
- Après
quelques jours, vous lui ferai voir la balle et la
lancerez le plus loin possible : il ira la
chercher. Et vous alternerez le rappel, tantôt
sans bouger, tantôt en vous enfuyant, mais
toujours en criant : "N... apporte".
Vous caresserez et récompenserez.
- Si au
début il a du mal à retrouver sa balle, allez
avec lui pour l'aider. Par ce moyen, vous
obtiendrez un rapport naturel, joyeux et sans
faille. Mais si vous êtes chasseur, il faudra
travailler le rapport autrement.
- Pourquoi
ne pas mettre la laisse dès les premiers jours ?
Plus on travaille jeune, plus c'est facile. Il y a
plusieurs méthodes. Voici celle que j'emploie et
qui n'est pas communément enseignée dans les
manuels.
- Je
commence par mettre le collier quelques heures
auparavant. Puis dans la cour ou le jardin, je
pose la pâtée. Je prends le chien dans mes bras
après avoir accroché la laisse. Je lui fais
sentir sa pâtée et je l'emporte à une trentaine
de mètres. Je la pose à terre. Immédiatement,
il court vers sa gamelle. Je modère sa course en
tirant sur la laisse. Par deux fois je
l'immobilise, puis on arrive au but. Il commence
à manger. J'interromps son repas pour recommencer
une ou deux fois. Puis le quatrième jour, je
supprime la gamelle et je joue avec lui en tenant
la laisse. C'est acquis sans stress.
- Autre variante
: on remplace la pâtée par une tierce personne
que le chiot connaît bien. Elle l'appelle dès
qu'on le pose à terre. On le suit comme
précédemment.
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Assis |
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- Dès les
premiers jours aussi, on apprend au chiot à
s'asseoir. Par cet exercice, il se familiarise
avec l'obéissance qui va vite devenir pour lui
naturelle et on évite ainsi les conflits
d'indépendance que le chien ne manquerait pas de
provoquer en devenant adulte. C'est l'exercice le
plus facile à enseigner à condition d'être
très persévérant et exigeant. On prend le chiot
par le collier ou la peau du cou ; on l'assoit en
appuyant sur l'arrière-train en disant :
"assis et pas bouger". On le maintient
ainsi au moins une minute chronométrée, puis on
caresse et on récompense. Si on procède bien, au
bout de quelques jours il s'assoira tout seul à
l'ordre. Progressivement, on devra lui faire
garder cette position au moins un quart d'heure.
Le maître s'éloignera, se rapprochera, tournera
autour en répétant "assis... pas
bouger" . Dès qu'il bouge, il faut le
remettre en place sans colère ni énervement.
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Le
rappel |
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- En même
temps que tous les exercices précédents, on
travaille le rappel.
- Le rappel
doit être absolu et naturel.
- Dès que le
maître prononce le nom du chien suivi du
commandement "ici", l'animal doit
accourir joyeusement quelles que soient ses
occupations, même s'il est en train de manger. En
contrepartie, il doit être accueilli avec joie.
Il faut que ce soit la fête : caresses et
récompenses. C'est primordial si votre élève
est destiné à la chasse car sur le terrain les
coups de sifflet, les éclats de voix affolent
l'animal qui ne sait plus à quel saint se vouer,
brisent l'élan et détruisent le brio. Vous avez
commencé avec la balle, vous continuez dès que
vous voyez votre chiot occupé ou courant devant
vous. Aussitôt, vous lui tournez le dos en
l'appelant par son nom. Ayant peur de vous perdre,
il accourt. Caresses et récompenses sont de
rigueur.
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Couché
- Down |
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- En même
temps que "assis", on travaille le
"couché".
- Il n'est
pas nécessaire que tous les exercices soient
exécutés chaque jours. Mais il faut en faire
quelques-uns. Le couché est un exercice
primordial si le chien est destiné à la chasse.
On l'appelle le "down" qu'on prononce
"daoun". Si vous n'êtes pas chasseur,
vous apprendrez à votre chien le couché simple.
Faites asseoir votre élève, saisissez les deux
pattes antérieures, tirez-les vers l'avant en
disant "couché" ou "down"
jusqu'à ce que l'abdomen touche terre. Vous le
maintenez par la force, au début une minute. Si
vous êtes chasseur, vous devrez plaquer le museau
à terre entre les deux pattes en répétant
"down".
- Petit à
petit, le chien prendra la position de lui-même
au commandement quelle que soit la distance et
devra être capable de la tenir une demi-heure.
- Dans la maison,
au commandement "couché", il devra
aller à sa place - corbeille par exemple - et y
rester.
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Le
rapport |
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- Si vous
devez chasser, il est important d'enseigner le
rapport dès le troisième mois. Le jeu avec la
balle l'a déjà préparé, mais je voudrais vous
faire part d'une opinion communément admise - pas
du tout prouvée, puisqu'elle comporte des
exceptions - que mettre un chien au rapport avec
un aportable en bois, peut lui donner la dent
dure. Alors pour éviter ce risque, pourquoi ne
pas vous servir de chiffons roulés en boule,
toujours dans votre poche qui s'imprégneront de
votre odeur, que vous lancerez, perdrez ou
cacherez mais que votre élève rapportera
toujours avec un réel plaisir.
- Dans le
même temps, vous travaillerez la marche au pied
en laisse d'abord, puis sans laisse en disant :
"au pied, tout près" tout en le
caressant en marchant.
- Enfin,
n'oubliez pas que le Setter Irlandais est un chien
de chasse avec une prédilection pour la plume,
qu'elle soit gibier ou volaille. Par conséquent,
tout petit, il faut lui montrer de la volaille et
lui apprendre à la respecter en disant :
"Non" énergiquement, chaque fois qu'il
voudra s'approcher d'un volatile domestique.
- A une
certaine époque, j'avais des poules familières.
Je faisais asseoir mes chiens dans la cour. Je
mettais des grains de blé ou de maïs entre leurs
pattes que les poules allaient picorer : pas un
chien ne bronchait.
- Celui qui
reprendra ces expériences à son compte,
difficiles sur le papier mais passionnantes, et
faciles à expérimenter sur le terrain, aura un
chien bien élevé, à l'aise partout et agréable
à vivre. Dimanche dernier, un ami éleveur
chevronné me confiait qu'il a gardé d'une
portée de Setters un couple âgés maintenant de
9 mois. Il s'est occupé de la femelle au sevrage
qui est devenue une merveille d'équilibre et
d'obéissance.
- Ayant négligé
le mâle, il constate qu'il n'arrivera pas à en
faire un chien bien dans sa peau.
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